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Infographie illustrant les difficultés à se sentir en sécurité et le rôle du système nerveux dans la perception de la sécurité et du danger.

Pourquoi est-il si difficile de se sentir en sécurité ?


Vous êtes chez vous. Tout va bien.

Il n’y a aucune urgence. Personne ne vous menace. Votre journée semble parfaitement normale.

Et pourtant, vous vous sentez tendu(e), sur le qui-vive, incapable de relâcher complètement la pression.


Pourquoi est-il parfois si difficile de se sentir en sécurité alors que, rationnellement, tout semble aller bien ?

La théorie polyvagale de Stephen Porges propose une grille de lecture particulièrement intéressante pour comprendre ce phénomène.

Elle invite notamment à s’intéresser non seulement à ce que nous pensons, mais aussi à ce que notre système nerveux perçoit et à l’état dans lequel se trouve notre corps.


Lire l’article « Comprendre la théorie polyvagale, le système nerveux et le sentiment de sécurité » >>

Notre organisme accomplit en permanence une multitude de fonctions sans que nous ayons besoin d’y penser.

Notre cœur bat. Nous respirons. Nos pupilles se dilatent. Notre organisme adapte continuellement son fonctionnement à ce que nous vivons.

Le système nerveux autonome participe à cette régulation.

Il peut notamment mobiliser notre organisme lorsque nous devons faire face à une situation perçue comme menaçante.


Imaginez que vous croisiez soudainement un animal dangereux.

Votre corps n’attendrait probablement pas que vous analysiez calmement la situation avant de réagir.

Il se préparerait à agir.

Votre organisme modifierait ses priorités pour vous permettre de répondre rapidement au danger.

C’est une capacité extrêmement utile.

Le problème apparaît lorsque ces mécanismes de protection restent activés alors que la menace immédiate a disparu.

C’est probablement l’une des situations les plus intéressantes à observer.

Votre pensée peut dire :

« Il n’y a aucun problème. »

Pendant que votre corps semble dire :

« Reste vigilant. »

La théorie polyvagale insiste sur cette notion de sentiment de sécurité.

Dans cette perspective, le système nerveux ne se contente pas d’enregistrer objectivement la réalité.

Il évalue en permanence son environnement et son état interne.

Cette évaluation influence ensuite notre manière de fonctionner.

Le livre de Stephen et Seth Porges « Notre monde polyvagal » présente ainsi notre état autonome comme un véritable prisme à travers lequel nous percevons et vivons le monde.

Un même environnement peut être vécu très différemment selon notre état.

Lorsque nous nous sentons suffisamment en sécurité, nous pouvons être davantage disponibles pour :

  • réfléchir ;
  • apprendre ;
  • créer ;
  • échanger ;
  • ressentir du plaisir ;
  • être curieux ;
  • entrer en relation.

À l’inverse, lorsque notre système est mobilisé par une perception de menace, notre attention peut se concentrer davantage sur ce qui pourrait poser problème.

Un bruit devient plus important.

Une remarque nous paraît plus menaçante.

Une situation banale devient difficile à supporter.

Ce n’est pas nécessairement que « le monde a changé ».

Mais notre manière de le percevoir peut avoir changé.

Notre organisme est parfaitement capable de se mobiliser ponctuellement pour survivre.

C’est même indispensable.

Le problème survient lorsque les périodes de mobilisation se prolongent sans retour suffisant à un état de récupération.

Cet état de récupération s’appelle « l’homéostasie » : notre organisme a besoin de périodes durant lesquelles il peut récupérer et se réparer.


Dans notre quotidien moderne, nous pouvons pourtant accumuler :

  • pression professionnelle ;
  • notifications permanentes ;
  • conflits ;
  • surcharge mentale ;
  • incertitude ;
  • manque de repos ;
  • sollicitations sociales constantes.

Il n’y a pas nécessairement de danger ou de prédateur.

Mais notre organisme peut néanmoins avoir peu d’occasions de véritablement relâcher la vigilance.

Lorsque nous vivons régulièrement de la tension, de l’anxiété ou du retrait, nous cherchons naturellement une explication.

Pourquoi suis-je comme ça ?

Pourquoi est-ce que je réagis ainsi ?

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à lâcher prise ?


Une approche inspirée de la théorie polyvagale peut proposer une autre question :

« Dans quel état mon corps se trouve-t-il actuellement ? »


Ce changement de perspective peut être précieux.

Il ne s’agit pas de nier ce que nous ressentons.

Il ne s’agit pas non plus de tout expliquer par le système nerveux.

Il s’agit simplement de commencer par observer.

Pas forcément.

Nous pouvons savoir que nous sommes en sécurité sans parvenir immédiatement à le ressentir.

La sécurité peut être associée à un environnement, à une personne, à une voix, à une relation ou à un contexte dans lequel notre organisme semble pouvoir relâcher progressivement sa vigilance.

C’est notamment ce que la théorie polyvagale appelle la neuroception : une forme de détection automatique des signaux de sécurité ou de danger.

Vous pouvez simplement vous poser quelques questions :

  • Dans quelles situations mon corps se détend-il naturellement ?
  • Avec quelles personnes est-ce plus facile ?
  • Quels lieux me procurent un sentiment de sécurité ?
  • À quels moments est-ce que je me sens constamment sur le qui-vive ?
  • Que se passe-t-il dans mon corps lorsque je me sens menacé(e) ?

Il n’est pas nécessaire de trouver immédiatement une réponse.

L’observation est déjà une information.

La théorie polyvagale nous invite à considérer la sécurité comme une expérience qui ne se limite pas à notre raisonnement conscient.

Nous pouvons savoir que nous sommes en sécurité et pourtant ne pas encore parvenir à le ressentir pleinement.

Comprendre cette différence peut permettre de regarder certaines réactions avec davantage de curiosité et moins de jugement.


Et si vous commenciez simplement par observer ce qui, aujourd’hui, aide réellement votre corps à se sentir en sécurité ?

Si cette réflexion résonne avec ce que vous vivez, vous pouvez me contacter pour échanger sur votre situation et voir si un accompagnement est adapté.


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