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Illustration de la neuroception, le système de détection des signaux de sécurité et de danger par l'organisme.

La neuroception : ce radar invisible qui cherche en permanence les signes de sécurité ou de danger

Pourquoi certaines personnes vous mettent-elles immédiatement à l’aise ?

Pourquoi, au contraire, pouvez-vous ressentir un malaise avec quelqu’un sans réussir à expliquer pourquoi ?

Vous ne connaissez parfois presque pas cette personne.

Elle n’a rien fait de particulier.

Et pourtant…

quelque chose dans votre corps vous dit de rester sur vos gardes.


Cette capacité de notre organisme à détecter en permanence les informations associées à la sécurité ou au danger est au cœur de plusieurs concepts de la théorie polyvagale.

Pour comprendre comment ces notions s’articulent avec le système nerveux autonome, les réactions au stress et le sentiment de sécurité, vous pouvez consulter mon article de référence : « Théorie polyvagale : comprendre le système nerveux, le stress et le sentiment de sécurité« 

La neuroception désigne une forme de système de surveillance qui recherche en permanence des signaux pouvant indiquer :

  • la sécurité ;
  • le danger ;
  • une situation nécessitant une adaptation.

C’est notre détecteur de fumée ; une sorte de « radar » qui scrute notre environnement.

Cette détection ne dépend pas uniquement de notre réflexion consciente.

Imaginez que vous entrez dans une pièce. Vous remarquez peut-être consciemment :

« Il y a trois personnes. »

« La lumière est faible. »

« Quelqu’un parle. »

Mais votre organisme peut simultanément enregistrer de nombreux autres éléments :

  • la tonalité des voix ;
  • les expressions faciales ;
  • les postures ;
  • l’ambiance générale ;
  • les mouvements ;
  • la manière dont les autres interagissent.

Vous n’avez pas besoin d’analyser chacun de ces éléments consciemment.

Votre organisme peut néanmoins en tenir compte.

Parce que nous n’avons pas tous la même histoire.

Nos expériences peuvent influencer ce que nous considérons comme rassurant ou menaçant.

Un comportement qui semble parfaitement neutre à une personne peut être déstabilisant pour une autre.

Ce qui est important ici, c’est de ne pas transformer cette observation en diagnostic.

La neuroception n’explique pas tout.

Elle constitue plutôt, dans la théorie polyvagale, une grille de lecture possible pour comprendre certaines réactions automatiques.


La neuroception ne fonctionne pas indépendamment du reste de notre organisme. Les informations détectées peuvent contribuer à modifier notre état et à mobiliser différents mécanismes du système nerveux autonome.

Pour comprendre ce système plus en détail, je vous invite à lire l’article : « Le système nerveux autonome : pourquoi votre corps réagit-il avant même que vous ayez réfléchi ?« 

Parfois, notre système nerveux a été durablement recalibré par des expériences traumatiques.

Dans cette perspective, certains signaux anodins peuvent alors être interprétés comme des menaces.

Le quotidien peut devenir épuisant.

Une échéance, une notification, un embouteillage, une remarque, un changement imprévu…

Tout peut devenir une source potentielle de vigilance.

Ce n’est pas forcément la situation elle-même qui explique l’intensité de la réaction.

C’est aussi l’état dans lequel se trouve le système nerveux lorsqu’il rencontre cette situation.

Notre organisme ne fonctionne pas indépendamment des autres.

Nous détectons également l’état des personnes qui nous entourent.

Un environnement relationnel perçu comme sécurisant peut donc favoriser un état de sécurité.

À l’inverse, évoluer en permanence auprès de personnes très agressives, imprévisibles ou sur la défensive peut influencer notre propre état.

La question n’est donc pas seulement : « Comment mon organisme détecte-t-il le danger ? »

Il faut également se demander : comment parvient-il à reconnaître — ou à ressentir — la sécurité ?

C’est précisément ce que nous j’ai exploré dans cet article consacré au sentiment de sécurité : « Pourquoi est-il si difficile de se sentir en sécurité ?« 

Cette phrase mérite parfois d’être écoutée.

Elle ne signifie pas nécessairement que notre intuition est toujours correcte.

Elle signifie simplement : « Mon organisme m’envoie une information. »

La bonne question n’est donc pas forcément : « Dois-je absolument écouter cette sensation ? »

Mais : « Qu’est-ce que je ressens exactement ? »

Puis : « Dans quel contexte cette sensation apparaît-elle ? »

Il est important de prendre conscience de vos sensations corporelles sans immédiatement les qualifier de bonnes ou mauvaises.

Vous pouvez essayer :

« Je remarque une tension dans ma poitrine. »

« Je sens que je veux partir. »

« Ma respiration a changé. »

« Je me sens soudainement très vigilant(e). »

Ce sont des observations.

Pas des jugements.

La neuroception est l’un des concepts centraux de la théorie polyvagale.

Elle permet de réfléchir à la manière dont notre organisme détecte automatiquement des signaux de sécurité ou de danger, parfois avant même notre analyse consciente.

Votre corps ne cesse d’observer.

Apprendre à remarquer ses signaux constitue une première étape intéressante pour mieux comprendre son fonctionnement.

Si vous souhaitez approfondir cette observation dans un accompagnement, vous pouvez me contacter pour en discuter.


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