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Illustration des réactions de combat, de fuite et de figement face à une situation perçue comme stressante.

Combat, fuite, figement : pourquoi votre corps peut-il réagir ainsi face au stress ?

Vous auriez voulu répondre.

Vous n’avez rien dit.

Vous auriez voulu partir.

Vous êtes resté(e).

Vous auriez voulu vous défendre.

Vous vous êtes retrouvé(e) incapable de bouger.

Et après coup, une question revient : « Pourquoi je n’ai rien fait ? »

Ces différentes réactions peuvent être mises en perspective à travers la manière dont notre organisme évalue son environnement et adapte son état.

Elles font partie des mécanismes abordés par la théorie polyvagale, qui propose une grille de compréhension des liens entre système nerveux, sécurité et réactions face au stress.

Lire l’article complet « Théorie polyvagale : comprendre le système nerveux, le stress et le sentiment de sécurité« 

Lorsque nous parlons du stress, nous pensons souvent à une personne qui s’agite, qui fuit ou qui se bat.

C’est effectivement une réponse possible.

Le système sympathique est associé à la mobilisation nécessaire au combat ou à la fuite.

Mais ce n’est pas la seule réponse possible.

Face à certaines situations de menace extrême, le corps peut également se figer, se fermer ou se dissocier.


Quand notre organisme se mobilise pour se battre, fuir ou se figer, c’est qu’il détecté une menace.

Dans la théorie polyvagale, la notion de neuroception permet de comprendre cette détection automatique des signaux associés à la sécurité ou au danger.

👉 Lire l’article : « La neuroception : ce radar invisible de la sécurité et du danger« 

Imaginez un animal qui fait face à un danger qu’il ne peut ni combattre ni fuir

Typiquement la souris face au chat qui l’accule dans un coin

Comme elle ne peut ni combattre, ni fuir, son organisme va s’immobiliser.

On dit qu’elle « fait la morte ».

Pas parce qu’elle a pris des cours de théâtre… mais parce que son cerveau le lui ordonne.

C’est une réaction de survie instinctive qui n’a rien à voir avec une décision raisonnée.

Le figement (ou immobilisation) permet de ralentir l’ensemble de l’organisme : les battements du coeur, la circulation sanguine, les organes… et le corps se refroidit.

Ainsi, le prédateur pense que l’animal est mort

Il peut arriver que certains prédateurs se détournent (car ils ne mangent pas d’animaux morts) ou qu’ils lâchent leur proie pour aller chercher leurs petits et leur donner à manger

La proie en profite pour se secouer et s’enfuir

Voilà en quoi le figement est une réaction de survie


Cette réponse existe également chez l’être humain.

C’est une réponse corporelle involontaire pouvant apparaître dans certaines situations de contrainte sévère.

Cela permet de comprendre quelque chose d’essentiel : ne pas avoir réagi comme on aurait voulu ne signifie pas nécessairement avoir choisi de ne pas réagir.


Cette phrase peut être extrêmement douloureuse et suscite de la culpabilité.

Elle suppose que nous avons toujours la possibilité de choisir consciemment notre réponse.

Or certaines réactions autonomes se produisent avant même que notre pensée consciente ait le temps de prendre le contrôle.

Dans certaines situations, le corps peut privilégier :

  • l’action ;
  • la fuite ;
  • l’immobilisation ;
  • le retrait ;
  • la fermeture.

La réponse dépend notamment de la manière dont le système nerveux évalue la situation.


Ces réactions ne sont pas uniquement des décisions prises consciemment. Elles s’accompagnent de modifications dans notre état corporel : rythme cardiaque, respiration, tension musculaire, niveau d’énergie ou vigilance peuvent notamment évoluer.

Pour mieux comprendre le rôle du système qui participe à cette régulation :

👉 Lire l’article « Le système nerveux autonome : pourquoi votre corps réagit-il avant même que vous ayez réfléchi ?« 

Parce que notre regard sur nous-mêmes change.

Au lieu de se dire : « Je suis faible. »

On peut commencer par : « Mon organisme a réagi d’une certaine manière face à une situation qu’il a vécue comme menaçante. »

Cela ne supprime pas la souffrance.

Mais cela peut diminuer une partie de la culpabilité.

Une personne peut se retrouver dans un contexte objectivement peu dangereux et pourtant ressentir une réaction très forte.

La théorie polyvagale propose notamment l’idée que des expériences passées peuvent influencer le fonctionnement du système nerveux et sa manière de détecter les menaces.

Une situation présente peut alors réveiller une réponse ancienne.

Cela peut expliquer pourquoi nous ne comprenons pas toujours nous-mêmes l’intensité de certaines réactions.

Les approches inspirées de la théorie polyvagale accordent une place importante aux sensations corporelles.

Plutôt que de chercher immédiatement : « Pourquoi suis-je comme ça ? »

On peut commencer par : « Que se passe-t-il dans mon corps ? »


Est-ce que :

  • mon cœur accélère ?
  • ma respiration change ?
  • mes muscles se contractent ?
  • j’ai envie de partir ?
  • je n’arrive plus à bouger ?
  • je me sens comme coupé(e) de ce qui se passe ?

Observer n’est pas analyser.

C’est apprendre à reconnaître ses propres signaux.

C’est probablement la question la plus importante.

Une réaction peut être gênante aujourd’hui tout en ayant eu une fonction protectrice dans un autre contexte.

Comprendre cette fonction permet de sortir d’un jugement très dur envers soi-même.

Votre réaction n’est pas toute votre identité.

Elle peut être une réponse de votre organisme à une situation perçue comme menaçante.

Après une période de mobilisation ou de figement, la question n’est pas seulement de savoir comment arrêter une réaction.

Elle peut aussi être de comprendre comment notre organisme retrouve progressivement suffisamment de sécurité pour changer d’état.

Car il existe parfois un décalage entre le fait de savoir rationnellement qu’une situation est terminée et le fait de parvenir à le ressentir dans son corps.

👉 Lire l’article « Pourquoi est-il si difficile de se sentir en sécurité ?« 

Nous ne répondons pas tous au stress de la même manière.

Nous pouvons nous mobiliser, fuir, combattre, nous figer ou nous fermer.

La théorie polyvagale invite notamment à reconnaître que le figement et certaines réponses d’immobilisation sont des réactions corporelles qui peuvent échapper à notre contrôle conscient.

Si vous vous reconnaissez dans ces situations, il peut être intéressant d’explorer ces réactions avec un professionnel qualifié.

Comprendre n’est pas se juger.

C’est commencer à regarder autrement ce qui nous arrive.

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