fbpx

Mieux comprendre les enfants à haut-potentiel

Enfants à haut potentiel, précoces, zèbres… Tout cela recouvre la même notion. Dans notre société les enfants haut-potentiel (HP pour les intimes) et leurs parents sont souvent confrontés à l’à-priori du surdoué à qui tout réussit, qui n’a jamais de problèmes à l’école et dont la voie est toute tracée : hautes études, métier de rêve… Alors qu’en réalité, cette « particularité » engendre de nombreuses souffrances chez les enfants HP comme chez leur parents.

Séverine Guy, auteure du blog « Pour une éducation positive », nous parle de ces enfants, pour nous livrer des clés de compréhension qui vont permettre de sortir du cercle infernal dans lequel se trouvent souvent les enfants comme les parents : incompréhension, jugement de l’entourage, souffrance…

 

C’est quoi un enfant à « haut-potentiel » ?

Les enfants à haut potentiel sont identifés par un test de QI (QI à plus de 130), et ils ont également des caractéristiques spécifiques. Mais malgré ces caractéristiques communes, il y a autant de hauts potentiels qu’il y a d’enfants, car chaque enfant est unique.

Les récentes découvertes en neuro-sciences ont montré que les personnes HP ont des connexions neuronales plus rapides que la plupart des gens, ce qui engendre une traitement de l’information plus rapide (voir l’article sur le blog de Séverine). Ils reçoivent plus d’informations que nous, chaque stimulation sensorielles sont reçues en même temps, sans filtre. Ils ne peuvent pas mettre leur cerveau en pause.

Par ailleurs, les personnes HP souffrent d’Hyperesthésie : elles perçoivent les sons, les odeurs, les sensations sur la peau de manière disproportionnée. Par exemple, certains enfants ne supportent pas les coutures des chaussettes ou les étiquettes des vêtements, qui les font réellement souffrir.

Caractéristiques communes des enfants à haut-potentiel

On trouve environ 40 caractéristiques communes, mais tous les enfants ne présentent pas toutes les caractéristiques à la fois. Il est important de se rappeler que chaque enfant est unique.

Voici ce qu’on rencontre souvent chez les enfants HP :

  • Un goût prononcé pour la lecture, ils ont appris à lire tôt et seuls
  • ce sont des enfants qui ont parlé très tôt ou qui ont parlé tard mais qui ont attendu de maîtriser la syntaxe et qui ont commencé à parler avec un vocabulaire très riche et des structures de phrases complexes
  • Tous petits, ils avaient déjà un regard qui scrute, qui s’accroche au regard des adultes en cherchant à analyser les expressions du visage
  • Ils ont un mode de pensée différent (pensée en arborescence)
  • ils sont anxieux
  • Ils sont perfectionnistes, détestent l’échec
  • Ils sont réfractaires à l’autorité
  • Ils vivent les émotions de manière tellement intense que cela génèrent du stress et des décharges qu’on peut qualifier de « tempêtes émotionnelles ». Ces tempêtes sont très compliquées à vivre pour l’enfant car il n’arrive pas à contrôler ses émotions qui le débordent. Et c’est aussi difficile à vivre pour les parents, qui n’arrivent pas toujours à gérer ces situations tendues.
  • Ils ont une faible estime d’eux-même.

La souffrance des enfants HP

Bien souvent, les enfants HP se souffrent de se sentir différent.

Ils ont un mode de pensée différent (pensée en arborescence) alors que l’école privilégie la pensée analytique, ce qui les met souvent en échec scolaire (90 % des enfants HP sont échec scolaire).

Nous sommes encore confronté aux à priori selon les quels un haut potentiel est un surdoué, qui n’a pas de difficulté, pour qui l’avenir est tracé, futur chirurgien, futur avocat. Or, beaucoup d’enfants HP, même s’ils ont de grands potentiels, ne savent pas forcément comment s’en servir et sont souvent en échec scolaire. Et ils sont alors confrontés à l’incompréhension de leur entourage. Cela peut mener à la phobie scolaire, qu’on rencontre souvent chez ces enfants.

Ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêt que les autres enfants, pas les mêmes interrogations. Les enfants HP se posent de grandes questions existentielles (à quel âge on est adulte, où s’arrête l’univers, les origines du monde…) qu’ils ne peuvent pas les partager avec leurs copains.

La difficulté de compréhension avec les parents est également une source de souffrance pour les enfants HP. C’est difficile pour les parents d’éduquer un enfant atypique, car on n’a pas de repères, on se sent décalé. On essaie de plaquer des exemples qu’on voit chez les autres enfants et cela génère de la souffrance chez l’enfant « haut potentiel ».

La souffrance des parents

C’est normal d’être épuisé, d’en avoir marre de vivre toutes ces émotions. Il ne faut pas culpabiliser.

Les parents d’enfants HP se sentent souvent démunis et découragés car ils ne comprennent pas le comportement de leurs enfants et ils sont en butte à une société qui les jugent.

Il est essentiel que les parents d’enfants HP comprennent comment fonctionne leur enfant et qu’ils acquièrent un bagage avec des clés de compréhension et des outils pour les aider à les éduquer. Il est important qu’ils comprennent QUI est leur enfant, comment il fonctionne, en mettant de côté la  question du haut-potentiel et en se détachant de ce qu’il devrait être.

Ce qui fonctionne vraiment c’est de se mettre en dynamique de projet avec l’enfant. Ils sont généralement contents car ils aiment s’évaluer et cela va booster leur estime d’eux-même. Il n’est pas nécessaire de construire de grands projet, mais définir les petits progrès à faire, pas à pas. Soyons cependant vigilents à ne pas construire un projet uniquement basé sur l’hyper-performance (que certaines écoles spécialisées adoptent) mais de donner une grande place à la gestion des émotions et à la créativité.

Enfin, ne restez pas seuls, faites-vous aider. Il existe de nombreux spécialistes qui peuvent vous aider avec un regard non jugeant et bienveillant : éducateurs, psychomotriciens, orthophonistes, psychologues…

2 comments

  1. Isa LISE - Répondre

    Bravo pour cet article et cette interview !
    Si vous le souhaitez, j’ai justement écrit ce matin sur la gestion de l’échec car les enfants à haut potentiel sont souvent très perfectionnistes et gèrent difficilement l’échec.
    Bonne continuation !

Leave Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *