Comment éliminer les rapports de force avec ton enfant ?

Dans un article précédent, je t’expliquais pourquoi la plupart de tes conversations avec ton enfant, ont tendance à dégénérer en disputes et en rapports de force.

Les rapports tendus avec tes enfants sont principalement dus au fait que ton enfant ne reçoit pas tes messages comme tu aurais voulu.

Du coup, ça créé des incompréhensions, il se braque et ça finit en rapport de force.

Comment je fais pour transmettre mon message correctement ?

As-tu remarqué que quand ton enfant exprime des sentiments difficiles, tu as tendance à les nier ou à lui dire qu’il ne doit pas ressentir ce qu’ils ressent ou penser ce qu’il pense ? Exemples :

  • Enfant : « Ouiiiiiin, je me suis fait mal ! » // Toi : « Mais non, allez, c’est pas si grave ! » Traduction : Tu ne ressens pas ce que tu ressens.
  • Enfant : « J’ai pas froid, je mettrai pas mon bonnet ! » // Toi : « Je te dis qu’il fait froid, mets ton bonnet immédiatement ! ». Traduction : Tu ne sais pas ce que tu sais
  • Enfant : « Je déteste Mamie ! » // Toi : « tu ne peux pas parler comme ça de Mamie ! ». Traduction : Tu ne veux pas vraiment dire ce que tu dis.
Garçon boude

Résultat : ça coupe la communication

Résultat ? Ça coupe la communication avec ton enfants et il n’a plus confiance dans ses propres perceptions.

Pour transmettre correctement ton message, tu as besoin d’apprendre une nouvelle manière de communiquer, basée sur un principe fort : l’accueil des sentiments.

Accueillir les sentiments de ton enfant c’est lui donner la possibilité de vider son sac émotionnel, et ça lui apprend que les sentiments sont tous importants, les bons et les mauvais.

Mais si j’accueille les sentiments difficiles, je ne risque pas de les renforcer ?

Accueillir les sentiments de ton enfant ne signifie pas que tu es d’accord avec son comportement.

 « Tous les sentiments sont légitimes, mais les comportements ne sont pas tous acceptables » (Haïm Ginott )

Peut-être hésites-tu à accueillir les sentiments difficiles de ton enfant, quand il est en colère, ou triste, par crainte de l’enfoncer ou qu’il croit que tu approuves son comportement ?

Si ton enfant est furieux

Si ton enfant rentre de l’école furieux en criant « J’en ai marre de Nathan, la prochaine fois je lui casse la gueule ! ». Tu aurais peut-être le réflexe de lui dire : « Non, pas question ! Tu ne feras pas ça ! ». Alors que pour vraiment aider ton enfant en prise avec une émotion de colère violente, tu pourrais lui dire « Tu as l’air drôlement en colère contre Nathan ! ».

Que se passe-t-il alors ? Tu n’as pas approuvé son comportement, tu as juste reformulé son ressenti et il se sent entendu ! Donc tu ouvres le dialogue, tu permets à ton enfant d’exprimer ce qui se passe au fond de lui.

Si ton enfant est triste

Tu veux tellement le bonheur de ton enfant que dois avoir tendance à vouloir lui éviter  la frustration, la déception et le deuil.

Si ton enfant perd son animal de compagnie, tu aurais alors envie de lui dire : « ne pleure pas, je vais t’en acheter un autre ! ». Alors que pour l’aider, il vaudrait mieux lui dire : « il te manque ; c’est difficile pour toi ».

Ecoute empathique

En l’écoutant, tu lui donnes les premiers soins émotionnels

Quand ton enfant tombe et se fait mal, tu applique de l’antiseptique, tu lui mets un pansement et tu sais que le temps fera le reste pour guérir la plaie.

Pour les blessures de l’âme, c’est la même chose ; en l’écoutant, tu lui donnes les premiers soins émotionnels ; et ensuite le processus de guérison fera le reste.

Quand on accueille son sentiment et qu’on le valide, il se sent réconforté, son stress baisse et il y voit plus clair dans son problème. Dans la majorité des cas, il sera même capable de trouver une solution tout seul.

Comment je fais concrètement pour accueillir les sentiments ?

Si ton enfant a une émotion violente, il ne peut rien écouter : ni conseil, ni critique constructive. Il a juste besoin d’écoute empathique, de compréhension.

La première chose à faire est donc de l’écouter de manière empathique.

L’empathie c’est « la faculté de percevoir ce que l’autre ressent » (Larousse)

Cette écoute empathique peut prendre deux formes :
1. L’écoute silencieuse : tu ne dis rien ou tu fais juste des petits bruits (ha ! Hum, je vois). En revanche, tu accordes toute ton attention à ce que tu dis ton enfant.
2. L’écoute active : tu reformules son vécu et son ressenti pour montrer que tu as bien compris « Ça a vraiment dû te mettre en colère », « tu devais être frustré », « ça doit être dur de se faire traiter de cette manière ».

« Quand quelqu’un m’écoute réellement, qu’il reconnaît ma souffrance intérieure, s’il me donne la chance de parler davantage de ce qui me contrarie, alors je commence à me sentir moins bouleversée, moins confuse, plus en mesure de faire face à mon problème » (Adèle Faber et Elaine Mazlish).

Qu’est-ce ça va changer concrètement dans votre vie ?

L’écoute empathique va apporter des nombreux changements dans ta vie et dans celle de ton enfant :Une relation complice avec ton enfant c'est possible !

  • Ton enfant se sentira compris et autorisé à te parler sans craindre le jugement. C’est un cadeau ÉNORME que tu fais à votre relation car désormais, il n’hésitera pas à venir te raconter ce qui ne va pas.
  • Ton enfant comprendra que tous les sentiments sont légitimes et qu’il a le droit de les exprimer. S’il peut exprimer sa colère, elle ne débordera plus en violence par exemple.
  • Même si tu n’es pas d’accord avec son comportement, si tu accueilles d’abord son sentiment, il sera en mesure d’accepter ce qui va suivre, c’est à dire le rappel de la règle.
  • Quand tu accueilleras ses sentiments, ton enfant se sentira réconforté, son stress baissera et il y verra plus clair dans son problème. Dans la majorité des cas, il sera même capable de trouver une solution tout seul. Tu l’aidera donc à développer son autonomie.
  • Accueillir ses sentiments va également permette à ton enfant d’écouter sa petite voix, tu sais celle qui l’empêchera de faire de se mettre en danger pour faire comme les copains…

Bref, tu l’auras compris, l’écoute empathique est la base d’une relation complice avec ton enfant et d’un climat de coopération et de respect mutuel.

Ah mais l’empathie c’est pas toujours simple !

C’est vrai, l’empathie n’est pas une chose naturelle pour la plupart d’entre nous. Comme nous n’avons pas été éduqués avec empathie, elle nous paraît peu naturelle quand on l’utilise.

Moi-même j’ai mis du temps à bien utiliser l’écoute empathique et la reformulation pour que mes enfants sentent que je les comprends vraiment et que je ne suis pas en train de me moquer d’eux ou de les manipuler.

Dans le prochain article, je t’explique les erreurs que l’on commet souvent quand on commence à parler ce nouveau langage. Du coup, tu seras plus à même de les éviter !

Les ateliers faber et Mazlish m’ont appris l’empathie

Lors des ateliers, j’ai pris conscience de mes automatismes et de l’impact de ma façon de communiquer sur le vécu des mes enfants et sur les sentiments que cela engendrait chez eux.

J’ai appris à écouter avec empathie mais aussi à formuler mes demandes de manière à ce que mes enfants coopèrent, deviennent plus autonomes et développement leur confiance en eux.

Si le sujet t’intéresse, j’anime des conférences gratuites et des un cycle de 8 ateliers payants à Nantes. Le programme est ici >>>

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